Road trip Italie en van : l’itinéraire dolce vita de 2 semaines, du Lac de Côme aux Cinque Terre

Partir en van en Italie, c’est troquer la liste de musées contre le rythme du pays. Tu te lèves devant un lac, tu déjeunes dans une trattoria de village, tu dors les pieds dans le sable d’une crique ligure. La dolce vita n’est pas un slogan touristique, c’est une cadence : celle du café avalé debout au comptoir et de la sieste de 14 h qui ferme les volets de toute une ruelle.
L’itinéraire qui suit traverse trois grandes régions en 14 jours : les lacs du Nord, le cœur de la Toscane et la côte ligure. Pas un guide encyclopédique, juste un parcours qu’on peut vraiment faire en van aménagé, avec les vraies contraintes (ZTL, hauteur de pont, aires de service rares au sud) et les vrais bonheurs (un Chianti à 8 € chez le producteur, le lever de soleil sur Manarola).
Pourquoi l’Italie change tout, version van
Quelques pays se prêtent aussi bien au road trip lent. Les distances sont courtes, les routes secondaires sont magnifiques (et bien moins lourdes que les autostrade payantes), et chaque vallée a sa version locale de la vie. Tu passes de l’allemand alpin du Trentin à l’accent chantant de Sienne en une journée de route.
Le réseau d’aires camping-car est dense au nord et en Toscane. On l’appelle « area sosta camper » : parfois un simple parking goudronné à 10 € la nuit, parfois une vraie aire avec eau, électricité et vidange. L’app park4night est presque obligatoire. La version italienne s’appelle parfois CamperContact ou Caramaps selon les régions. Les avis y sont récents et précis, on évite ainsi les mauvaises surprises (un parking transformé en bloc de béton anti-camping-car, ça arrive).
L’app park4night est presque obligatoire. Pour trouver des aires de camping-car adaptées, consultez notre guide sur les applications qui changent la donne.
Côté van, presque tout le monde t’accueille bien. Les italiens conduisent vite, mais ils respectent l’espace des fourgons. Tu te gares au village, on te dira de monter aux oliviers du voisin pour la nuit. Cette hospitalité à un prix : il faut accepter de ralentir. Inutile de courir trois régions en 7 jours. L’Italie en van, c’est 250 km par étape grand maximum.
Pour trouver des spots de bivouac légal en Italie, la même prudence s’applique qu’en France.
Un itinéraire 14 jours du Lac de Côme aux Cinque Terre
L’itinéraire ci-dessous démarre par le Tunnel du Mont-Blanc (option la plus rapide depuis la France) et revient par Gênes. Compte environ 1 800 km au total. Tout est faisable en van de moins de 7 mètrès et 3,5 tonnes sans crispation.
Un bon entretien du van avant le départ est crucial pour éviter les pannes sur cet itinéraire exigeant.
Jour 1 et 2 : Lac de Côme, première claque
Tu arrives par Chiavenna et tu descends sur la rive ouest jusqu’à Menaggio. Premier bivouac à l’aire camper de Cremia (face à l’eau, environ 15 €). Le lendemain, traversée en ferry vers Varenna avec le van : 25 minutes, vue panoramique, environ 30 € pour un véhicule de 6 m. Bellagio se visite en 3 h, parking obligatoire en haut de la ville. Si tu peux décaler, va plutôt à Varenna ou Nesso, deux fois moins fréquentés.
Détail concret : les routes du Lac de Côme sont étroites, surtout entre Argegno et Tremezzo. Les bus circulent à toute allure, mieux vaut être tôt le matin ou en fin d’après-midi.
Jour 3 : Bergame, l’étape oubliée
Bergame Alta est un bijou médiéval perché, à 80 km de Côme. Le parking Malpensata permet de stationner gratuitement et de monter en funiculaire (3 € aller-retour). Compte une demi-journée pour la Piazza Vecchia, la basilique Santa Maria Maggiore et un café à la Pasticceria Cavour. C’est la moitié du prix de Bellagio et trois fois plus authentique.
Bivouac le soir à l’aire de Sirmione, sur le Lac de Garde. 20 € la nuit, services complets.
Jour 4 : Lac de Garde et Vérone
Matinée à Sirmione, les thermes romaines de Catulle et la baignade dans l’eau turquoise. Puis route vers Vérone, 35 km plus loin. L’aire Porta Palio se trouve à 15 minutes à pied du centre. Vérone, c’est l’arène romaine (entrée 12 €), la Casa di Giulietta (4 €) et surtout la Piazza delle Erbe au coucher du soleil. Goûte un Amarone della Valpolicella dans une enoteca, c’est ici qu’il est produit.
Jour 5 : descente vers Bologne
Trajet de 150 km, autostrade A22 puis A1. Compte 18 € de péages. Bologne mérite une vraie pause : la ville est large, plate, parfaite pour un van garé en périphérie (parking Tanari, 5 € la journée + bus). Mange une vraie tagliatelle al ragù dans la rue Pescherie Vecchie. C’est ici que le plat est né, pas à Rome ni à Milan.
Jour 6 : Florence, mode survie ZTL
Florence est piégée par une ZTL (Zone Traffico Limitato) très large et entièrement contrôlée par caméras. Tu ne dois pas la franchir sans permis spécial, sous peine d’une amende de 90 à 110 €. Et oui, plusieurs amendes possibles si tu repasses sous plusieurs caméras. La solution : aire camper Firenze Village ou Piazzale Michelangelo (pour les vans jusqu’à 6 m, 25 €). De là, bus n°12 ou 13 jusqu’au centre.
Une journée suffit pour le minimum vital : Duomo, Ponte Vecchio, Galerie des Offices (réserver en ligne, sinon 2 h de queue). Et un gelato chez Vivoli, ouvert depuis 1929.
Jour 7 et 8 : Chianti et Sienne
C’est le cœur du road trip dolce vita. La SR222, surnommée Chiantigiana, serpente entre Florence et Sienne sur 70 km de pure carte postale. Arrête-toi à Greve in Chianti pour goûter le vin chez Antinori (visite 30 €), à Radda pour la photo classique du village fortifié, à Castellina pour la nuit dans une cave-aire.
Sienne ferme aussi son centre par ZTL. Aire Siena Parking Il Fagiolone, 18 € la nuit, navette gratuite jusqu’à la Piazza del Campo. Le Palio se court chaque année le 2 juillet et le 16 août, à éviter si tu cherches le calme.
Jour 9 : Val d’Orcia, la Toscane des affiches
San Quirico d’Orcia, Pienza, Montepulciano : trois villages dans 30 km, tous classés UNESCO. Goûte le pecorino di Pienza chez n’importe quel berger, c’est une institution. La route entre Pienza et Monticchiello, avec ses cyprès en ligne, c’est LA photo de la Toscane (celle qu’on voit sur les calendriers). Pas de honte à la faire toi aussi.
Bivouac aux thermes naturelles de Bagno Vignoni ou Bagni San Filippo. L’eau coule à 40 °C, c’est gratuit et ouvert toute la nuit. Garde une serviette accessible.
Jour 10 : Volterra et San Gimignano
Volterra est plus brute, moins touristique, taillée dans l’albâtre. L’aire Volterra Camper sur la SR68 est à 1 km du centre, 12 €. San Gimignano est l’inverse : les 14 tours, les ruelles bondées dès 11 h, la glace mondialement primée de la Gelateria Dondoli (vraiment bonne, fais la queue).
Conseil concret : visite San Gimignano en fin de journée, à partir de 17 h, quand les groupes repartent. Le coucher de soleil depuis la Rocca est l’un des plus beaux de Toscane.
Jour 11 : Lucques et descente vers la mer
Lucques est une ville murée, plate, parfaite après plusieurs jours en montagne. Tu peux louer un vélo et faire le tour des remparts en 30 minutes (5 € la location). Parking camping-car « Il Serchio » à 1 km du centre, 15 € avec services. Goûte le buccellato, gâteau local à l’anis.
Le soir, descente vers la côte par la SS1 Aurelia. Bivouac à Marina di Massa.
Jour 12 et 13 : Cinque Terre, comment éviter le piège
Les Cinque Terre sont magnifiques mais saturées. La règle d’or : tu ne rentres pas en van dans les villages, c’est interdit. Tu te gares à La Spezia (aire La Sosta, 25 €) et tu prends le train Cinque Terre Express. Le pass journée à 18,50 € donne accès illimité aux 5 villages.
Mon plan préféré : Vernazza au matin (lumière douce sur le port), Monterosso pour la baignade (la seule vraie plage de sable), Manarola au coucher du soleil (point de vue depuis le sentier vers Riomaggiore, sans doute le plus photographié d’Italie). Corniglia, perchée sur sa falaise, est la plus oubliée, et donc la plus paisible.
Jour 14 : Gênes et retour
Gênes vaut un demi-jour : le vieux port, la cathédrale San Lorenzo, les rues étroites du caruggi. Et surtout la focaccia, ici on en mange au petit-déjeuner trempée dans le cappuccino (ne juge pas avant d’essayer). Retour vers la France par l’A10, péages environ 25 €.
Quand partir : la fenêtre dolce vita
Mai et juin sont la meilleure période. Les villages sont fleuris, les températures montent vers 25 °C, et tu évites l’affluence d’août. Septembre marche aussi, avec en bonus les vendanges en Toscane.
Juillet et août : à fuir. Les italiens partent en vacances en masse, les côtes sont noires de monde, les ZTL sont saturées de touristes pris au piège des caméras. Les aires camper affichent complet, les prix doublent.
Avril est jouable mais les températures restent fraîches (10-15 °C), surtout au nord. Octobre est sublime côté lumière mais les jours raccourcissent et les villages perdent leur ambiance. Novembre à mars : possible mais désertique, beaucoup de restos et de campings ferment.
Conduire en van en Italie : ZTL, péages et règles à connaître
La ZTL est le piège n°1. Toutes les grandes villes italiennes (Florence, Sienne, Bologne, Lucques, Vérone, Milan, Rome, Naples) ont des Zone Traffico Limitato. Tu y entres avec un véhicule non autorisé, les caméras te flashent et l’amende arrive 6 mois plus tard à ton domicile, environ 90 à 110 € par passage. Plusieurs amendes possibles en une seule visite.
Solution : repère les panneaux ronds à fond blanc avec « ZTL » en rouge. Quand tu vois ce panneau, fais demi-tour. Les aires camper sont toujours en dehors des ZTL.
Les autostrade sont payantes. Compte 8 à 10 € par 100 km pour un van de moins de 3,5 t (catégorie B). Au péage, prends ton ticket à l’entrée, paie à la sortie. Carte bancaire acceptée partout, espèces aussi. Les autostrade ont leurs aires de repos (Autogrill) bien équipées, certaines autorisent même la nuit en van.
Limites de vitesse : 130 km/h sur autostrade (110 si pluie), 90 sur les routes nationales, 50 en ville. Les radars sont nombreux et bien signalés. Le téléphone au volant : 165 à 660 € d’amende, contrôles fréquents.
Carburant : le diesel oscille autour de 1,75 €/l, l’essence vers 1,85 € en mai 2026. Les stations Q8 et IP sont en général moins chères que les Esso et Agip. Évite les pompes des aires d’autostrade, 15 à 20 centimes plus cher.
Où dormir : aires, agriturismi et sosta camper
L’Italie est un paradis pour le van. Trois options :
- Les aree sosta camper : équivalent des aires camping-car françaises. 10 à 25 € la nuit, parfois services compris (eau, vidange, électricité). Présentes dans presque tous les villages touristiques. App de référence : park4night, complétée par CamperContact pour la précision.
- Les agriturismi : fermes ouvertes au tourisme qui acceptent les vans contre 15-30 € la nuit. Bonus : tu peux dîner sur place avec leur production (huile, vin, fromage). Le site Agriturismo.it liste les exploitations qui accueillent les véhicules de loisir.
- Le sauvage : toléré mais pas légal partout. Au sud de Rome ça passe sans souci, au nord c’est plus strict. La règle pratique : pas de tables ni de chaises sortis, pas de cale de mise à niveau visible, et tu pars tôt le matin. Évite les parkings de plage en été, c’est verbalisé.
Camping classique : possible mais cher (30 à 60 € la nuit en haute saison). Réserve à l’avance en juillet-août, surtout sur les côtes.
Budget réel pour 2 semaines en Italie
Pour deux adultes en van loué (taille fourgon aménagé), compte :
| Poste | Coût pour 14 jours |
|---|---|
| Location van (mai-juin) | 1 400 à 2 100 € |
| Carburant (1 800 km, conso 10 l/100) | environ 320 € |
| Péages aller-retour France-Cinque Terre | environ 110 € |
| Aires camper (12 nuits à 18 € de moyenne) | 215 € |
| Courses + restos (mix 60/40) | 600 à 800 € |
| Visites, musées, ferries | 200 € |
| **Total** | **2 845 à 3 745 €** |
Donc compte environ 200 à 270 € par jour pour deux. C’est moins cher qu’un séjour hôtel équivalent (qui dépasserait facilement 400 €/jour avec restos et locations de voiture).
Astuce concrète : les aires camper proposent souvent des cuisines de plein air ou des tables. Cuisiner un repas par jour divise par deux le budget bouffe. Et les marchés italiens (matin uniquement, 7 h-13 h) sont une mine : un kilo de tomates à 1,80 €, du parmesan affiné à 18 €/kg.
La dolce vita au quotidien : les rituels qui changent tout
L’erreur classique du voyageur français en Italie : appliquer les codes français. Le café après le repas pris au comptoir, oui. Avec du lait après 11 h, jamais (un cappuccino l’après-midi te fait identifier touriste à 100 mètrès). Le dîner ne commence pas avant 20 h, parfois 21 h, et il dure. Si tu veux manger à 19 h, tu seras seul dans le resto, ou alors les serveurs te regarderont avec compassion.
La pasta se prépare maison dans la moitié des trattorie. Demande la specialità della casa, c’est généralement un plat de pâtes qui n’existe nulle part ailleurs. Les italiens ne mangent pas les pizzas en parts, ils en commandent une chacun. Et tu ne demandes pas de parmesan sur les pâtes au poisson, ça froisse le cuisinier.
Le matin, café et un truc sucré au bar. Pas de petit-déjeuner copieux à la française. Vers 11 h, un spritz si tu veux faire local (3 à 5 € en bar de village). Le repas du soir est sacré. La pause de 14 h aussi, beaucoup de commerces ferment jusqu’à 16 h ou 17 h.
Côté code de la route, les italiens conduisent à l’intuition. Garder ses distances, anticiper les coups de volant, ne pas s’énerver. Sur les routes étroites de Toscane, on se range, on se sourit, on continue.
Au-delà de l’itinéraire classique : pousser vers le sud
Si tu as plus de 14 jours ou si tu repars pour un second séjour, prolonge vers le sud. Les Pouilles (Bari, Lecce, Ostuni) sont devenues l’une des destinations préférées des vanlifers. Routes magnifiques, plages turquoises, prix divisés par deux par rapport à la Toscane. Compte 7 à 10 jours en plus depuis les Cinque Terre.
La Sicile est une expérience à part entière. Traversée en ferry depuis Naples ou Villa San Giovanni (compte 100 à 150 € pour un van). L’île demande 2 semaines minimum tellement elle est riche : Palerme, l’Etna, Syracuse, la vallée des temples d’Agrigente.
La Sardaigne, ferry depuis Gênes, Livourne ou Civitavecchia. Tarifs vans : 200 à 350 € l’aller-retour selon saison. Une fois sur place, paradis pour le van avec ses plages sauvages et son réseau d’aires.
Le Maroc en camping-car offre une autre approche méditerranéenne, plus dépaysante, idéale après plusieurs voyages en Europe. Pour ceux qui n’ont pas leur propre van, regarder du côté d’une location de camping-car bien étudiée évite les déconvenues sur les véhicules trop grands pour les routes italiennes.






